91Ë¿¹ÏÊÓÆµ

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Des caillots plus efficaces, et formés plus rapidement

Une technique novatrice, qui fonctionne tant avec le sang du patient que celui d’un donneur, pourrait permettre de juguler les hémorragies graves et de mieux traiter les troubles de la coagulation
Two researchers smile at the camera
Image par Shuaibing Jiang and Jianyu Li.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 29 April 2026

Une équipe de recherche de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ a mis au point une méthode qui permet la formation rapide de caillots sanguins capables de stopper les hémorragies graves et d’amener une cicatrisation plus efficace des tissus. Cette technique de « coagulation en un clic » (click clotting) permet de lier entre elles, par une réaction chimique, les protéines de surface des globules rouges. Résultat : un caillot biocompatible 13 fois plus résistant à la rupture et quatre fois plus adhérent que les caillots sanguins naturels. L’équipe affirme que cette technique pourrait servir à la mise au point de biomatériaux salvateurs, capables par exemple de juguler des hémorragies graves, et se révéler utile chez les personnes aux prises avec des troubles de la coagulation.

« Les caillots sanguins naturels peuvent mettre du temps à se former et présenter une fragilité mécanique, ce qui limite leur capacité à stopper les hémorragies graves et peut nuire à la cicatrisation », explique Jianyu Li, auteur en chef, professeur de génie mécanique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la réparation et la régénération des tissus. « Nos travaux montrent que des globules rouges soigneusement conçus peuvent constituer un élément structurel de première importance et permettre la fabrication de biomatériaux plus résistants et plus fonctionnels. »

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été dirigée par Shuaibing Jiang dans le cadre de son doctorat à l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ. Ce chercheur est aujourd’hui associé postdoctoral à l’Hôpital Mass General Brigham and Women’s, affilié à l’École de médecine de l’Université Harvard.

Des équipes de recherche de l'Université de la Colombie-Britannique, du Medical College of Wisconsin, de l'Université du Colorado à Boulder, de l'Université de Toronto et de l'Institut Versiti de recherche sur le sang ont également contribué à cette étude.

Une réaction chimique rapide et sûre

On a déjà tenté d’établir des liaisons transversales entre des globules rouges à l’aide de chitosane, polymère dérivé de la carapace des crustacés, mais les caillots ainsi obtenus étaient fragiles, d’où la rupture des cellules et une coagulation irrégulière. La technique décrite ici permet de relier les protéines de surface des globules rouges et de former, en cinq secondes à peine, un gel solide, réaction chimique rapide et sûre qui renforce la structure du caillot.

Comme cette réaction ne nuit pas à la chimie sanguine physiologique, elle peut se produire parallèlement au processus naturel de coagulation. Ainsi, le gel artificiel à base de cellules, appelé « cytogel », peut être ajouté au sang total, puis s’intégrer au caillot de fibrine produit par l’organisme.

« Cette technologie permet de produire à la fois des caillots autologues (formés à partir du sang du patient) et des caillots allogéniques (formés à partir du sang d’un donneur compatible). » Les caillots autologues sont prêts en une vingtaine de minutes et les caillots allogéniques, en une dizaine de minutes. « Compte tenu des contraintes de temps en milieu clinique, cette approche pourrait rendre de grands services dans divers contextes, notamment aux urgences et pour le traitement des plaies », précise Jianyu Li.

Ces résultats ont été confirmés par des essais in vitro et par des études menées chez des rongeurs. Pour la cicatrisation et la régénérescence du foie lésé, la technique s’est révélée plus efficace que le produit utilisé en milieu clinique et ayant servi d’agent de comparaison dans l’étude; c’est là l’un des grands constats de ces travaux. L’analyse a révélé la présence de signes minimes de réactivité immunitaire et l’absence de toxicité dans les principaux organes.

Une base de recherche solide

Il faudra, bien sûr, mener d’autres études avant de pouvoir utiliser le cytogel en contexte clinique, mais l’équipe de recherche estime avoir établi une base solide à partir de laquelle travailler.

« Les contextes cliniques dont l’issue pourrait être bonifiée grâce aux caillots artificiels sont nombreux », fait observer Jianyu Li.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Shuaibing Jiang, Guangyu Bao, Zhen Yang, Jing Wu, Xingwei Yang, Joo Eun June Kim, Roselyn Jiang, Oliver Zhan, Alexander Nottegar, Yin Liu, Anastasia Nijnik, Rong Long, Jianyu Li et coll., a été publié dans Nature.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds Nouvelles frontières en recherche – Exploration.

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