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L’agriculture urbaine d’intérieur n’est pas nécessairement une solution plus écologique

Si cette technique permet de réduire la consommation d’eau et l’utilisation des terres, ses effets sur le climat dépendent du mode de production de l’électricité
lettuce growing indoors
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 11 June 2026

Selon une nouvelle étude menée par l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ, la culture de la laitue en intérieur dans les villes canadiennes peut être aussi écologique que sa culture par des méthodes classiques, mais uniquement dans les régions où l’électricité provient de sources renouvelables à faibles émissions de carbone.

Les scientifiques ont constaté que l’agriculture urbaine en environnement contrôlé, lorsqu’elle est alimentée par de l’énergie propre, permet de produire de la laitue dont l’empreinte carbone est comparable à celle de la laitue cultivée en Californie, puis transportée jusqu’au Canada. Au Québec, où la principale source d’énergie électrique est l’hydroélectricité, la culture intérieure de laitue affiche un bilan semblable à celui des chaînes d’approvisionnement classiques, même en été, lorsque la laitue est cultivée localement à l’extérieur.

La situation est toutefois très différente là où la production d’électricité repose sur les combustibles fossiles, comme en Alberta. Dans ces régions, les mêmes systèmes de culture intérieure peuvent générer des émissions beaucoup plus élevées en raison de l’énergie nécessaire à l’éclairage et au contrôle des facteurs environnementaux. Selon l’équipe de recherche, lorsque l’électricité provient de sources à forte intensité de carbone, les conséquences climatiques peuvent être bien supérieures à celles qui sont associées à la production classique de laitue.

« On pense souvent que les aliments locaux ont automatiquement une faible empreinte carbone, mais notre étude montre que ce n’est pas toujours le cas, explique Estefany Cabanillas, autrice principale de l’étude, qui a réalisé ces travaux dans le cadre de sa maîtrise au Département de génie des bioressources de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ. La source d’électricité peut avoir davantage d’incidence que la distance parcourue par les aliments. »

Ces travaux apportent des éléments de réponse à une question de plus en plus importante pour les villes qui investissent dans l’agriculture intérieure : dans quelles conditions cette approche permet-elle de réduire les répercussions environnementales?

La plupart des études antérieures portaient sur une seule région. Aux Pays-Bas notamment, certains travaux ont montré que l’agriculture intérieure pouvait avoir une empreinte carbone bien plus élevée que celle de l’agriculture classique en raison de sa forte consommation d’énergie.

Les scientifiques de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ, quant à eux, adoptent une perspective pancanadienne. L’équipe a collaboré avec une ferme commerciale en conteneurs à Montréal et a recueilli pendant un an des données complètes sur ses activités, notamment la consommation d’énergie et d’eau ainsi que le rendement des récoltes. Elle a ensuite réalisé une analyse du cycle de vie et modélisé le rendement du même système dans l’ensemble des provinces et territoires canadiens en fonction de leur bouquet électrique respectif.

Les résultats de l’étude indiquent que la culture intérieure nécessite beaucoup moins d’espace et d’eau que l’agriculture conventionnelle, mais qu’elle consomme davantage d’énergie.

Même si le type d’énergie qu’elle consomme demeure une préoccupation, comme elle utilise plus efficacement les terres et l’eau, l’agriculture intérieure pourrait contribuer à améliorer l’accès aux aliments dans un contexte où les changements climatiques exercent une pression croissante sur les terres agricoles et les ressources hydriques, soulignent les chercheurs. De plus, les systèmes de culture en intérieur peuvent assurer un approvisionnement plus constant en aliments frais dans les régions où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles ou coûteuses.

« L’agriculture urbaine en environnement contrôlé peut jouer un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire des collectivités nordiques éloignées au Canada, où les produits frais sont peu accessibles et souvent transportés sur de très longues distances », estime Estefany Cabanillas.

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L’article « », par Estefany Cabanillas, Benjamin Goldstein et Mark Lefsrud, a été publié dans Agronomy for Sustainable Development. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par les subventions Alliance du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Mitacs et Rvest.

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