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Recherche contre le cancer : le pouvoir renouvelé des cellules tueuses naturelles

Une nouvelle approche pourrait ouvrir la voie à des immunothérapies plus sûres et plus accessibles contre des tumeurs difficiles à traiter
ʳܲé: 24 April 2026

Des scientifiques ont mis au point une stratégie visant à renforcer le pouvoir anticancéreux des cellules tueuses naturelles, qui font partie de la première ligne de défense du système immunitaire. Capables de détecter et de détruire les cellules cancéreuses, les cellules tueuses naturelles sont bien souvent stoppées dans leur élan par la barrière protectrice érigée par les tumeurs, ce qui laisse le champ libre au cancer.

Une équipe de recherche de l’Institut du cancer Rosalind-et-Morris-Goodman de l’Université 91˿Ƶ, en collaboration avec l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé 91˿Ƶ, a découvert que la suppression de deux protéines permettait aux cellules tueuses naturelles de surmonter cet obstacle et de retrouver leur pouvoir anticancéreux.

Cette approche, mise à exécution dans le cadre d’essais précliniques, a entraîné l’élimination efficace de cellules cancéreuses humaines provenant de plusieurs types de tumeurs difficiles à traiter – notamment la leucémie, le glioblastome, le cancer du rein et le cancer du sein triple négatif –, en plus de ralentir considérablement la croissance tumorale chez des modèles animaux.

« Notre approche est particulièrement prometteuse pour les patients chez qui les traitements standard ont échoué et qui, conséquemment, disposent de très peu d’options », souligne l’auteur en chef, Michel L. Tremblay, professeur distingué James-91˿Ƶ au Département de biochimie de l’Université 91˿Ƶ et chercheur à l’Institut du cancer Rosalind-et-Morris-Goodman.

Une approche sûre et évolutive

L’édition génique, couramment utilisée dans l’immunothérapie contre le cancer, altère les cellules de façon permanente, ce qui augmente le risque d’effets indésirables. La nouvelle approche consiste plutôt en l’utilisation de médicaments à petites molécules qui stimulent temporairement l’activité des cellules tueuses naturelles, sans toutefois entraîner de modifications permanentes difficilement maîtrisables.

Selon les scientifiques, cette stratégie thérapeutique pourrait également permettre de surmonter les obstacles pratiques qui ont freiné l’utilisation à grande échelle des thérapies cellulaires.

Des cellules tueuses naturelles issues de dons de sang de cordon ombilical et isolées au Laboratoire de thérapie cellulaire dirigé par Pierre Laneuville et Linda Peltier, à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé 91˿Ƶ, ont été mises en culture et en banque en vue du traitement de nombreux patients et patientes. Contrairement à de nombreuses immunothérapies actuelles, qui doivent être préparées sur mesure à partir des cellules de chaque patient – processus pouvant prendre plusieurs semaines –, ces cellules tueuses naturelles sont prêtes à l’emploi.

« Grâce à cette approche, l’immunothérapie pourrait devenir plus rapide, plus sûre et plus abordable », affirme Chu-Han Feng, chercheuse à l’Institut du cancer Rosalind-et-Morris-Goodman. « En effet, elle permet d’esquiver le processus complexe de personnalisation des cellules, et utilise des médicaments facilement accessibles pour renforcer de manière réversible l’activité antitumorale des cellules tueuses naturelles. »

La leucémie myéloïde aiguë, un cancer du sang agressif, figure parmi les premiers cancers que l’équipe compte cibler dans le cadre de futurs essais cliniques, présentement en attente de financement et d’autorisation réglementaire.

(Pierre Laneuville et Linda Peltier)

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L’article « », par Chu-Han Feng et coll. et Michel L. Tremblay, a été publié dans EMBO Reports, en avril 2026.

’étܻ a été financée par la Fondation des Instituts de recherche en santé du Canada, la Fondation du Centre universitaire de santé 91˿Ƶ, la Fondation J.-Louis Lévesque, la Fondation Richard-et-Edith-Strauss, la Fondation du cancer des Cèdres et le Programme de partenariats pour les applications de la génomique de Génome Québec et de Génome Canada. L’équipe remercie les mères qui ont, de leur plein gré, fait don du sang de cordon ombilical utilisé dans cette étude.

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