91Ë¿¹ÏÊÓÆµ

GPS Health Navigators : ouvrir la voie à l'accès aux soins palliatifs pour les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ

Naviguer dans le système de santé est une tâche ardue. Pour la population réfugiée du Canada, cependant, l'accès aux soins palliatifs s'accompagne d'obstacles supplémentaires. Des soins de santé inadéquats pendant le transit, l'impossibilité d'accéder à l'assurance maladie provinciale, des problèmes de communication, un logement instable et le poids du traumatisme subi : tous ces facteurs font que les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ qui cherchent à obtenir des services de santé se sentent perdus et dépassés. C'est là qu'intervient GPS Health Navigators, une organisation à but non lucratif qui se consacre à faciliter l'accès aux soins palliatifs pour les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ. Dans cette interview, la chef de projet Vilma Oliveros explique comment cette organisation offre des ressources et un soutien à la population réfugiée défavorisée.

Lexa Frail (LF) : Pourriez-vous nous parler un peu de GPS Health Navigators ?

Vilma Oliveros (VO) : GPS Health Navigators est une organisation à but non lucratif qui Å“uvre dans la région du Grand Toronto et de Hamilton. Elle a été fondée par deux médecins spécialisés en soins palliatifs de l'Université McMaster, la Dre Priya Gupta et la Dre Humaira Saeed, qui ont mené des recherches sur la fréquence à laquelle les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ bénéficiant de soins palliatifs avaient accès à des services de soutien. Cela leur a ouvert les yeux sur ce problème et les a incités à empêcher les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ de passer entre les mailles du filet de notre système.

Trois personnes se tiennent derrière une table. Il y a une bannière en arrière-plan.
Les navigateurs de santé GPS lors d'une présentation au CHPCA 2025 à Nanaimo, en Colombie-Britannique. De gauche à droite : Dre Priya Gupta, Dre Humaira Saeed et Vilma Oliveros.

Notre objectif est de fournir des soins palliatifs aux demandeurs d'asile qui ne bénéficient pas encore de l'assurance provinciale. Bien qu'ils soient couverts par l'assurance fédérale, les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ rencontrent de nombreux obstacles pour accéder aux mêmes services de soutien communautaire et de soins à domicile que les personnes bénéficiant de l'assurance maladie provinciale.

LF : Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ qui ont besoin de soins palliatifs ?

VO : Il existe deux types de °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ : les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ au sens de la Convention et les demandeurs d'asile. Les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ au sens de la Convention sont des personnes protégées, car ils relèvent de l'agence internationale qui protège les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ (HCR), et ils peuvent bénéficier presque immédiatement de l'assurance provinciale.

Les demandeurs d'asile sont des personnes qui arrivent au Canada et déposent une demande dès leur arrivée. Si leur demande est acceptée à leur arrivée, ils bénéficient d'une assurance fédérale dans le cadre du , mais ils doivent tout de même passer par tout un processus avant d'être considérés comme des personnes protégées. À l'heure actuelle, ce processus prend environ 29 mois. S'ils tombent malades pendant cette période d'attente, ils ne peuvent pas bénéficier de l'assurance provinciale.

En général, les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ ont plus de problèmes de santé que la population générale, car ils n'ont pas accès à des soins de santé adéquats pendant leur transit. Lorsqu'ils finissent par se faire soigner au Canada, une maladie qui pourrait être traitée chez une personne ayant accès à des soins de santé devient alors mortelle. Par exemple, un réfugié diabétique qui ne reçoit pas les soins appropriés pourrait atteindre un stade où sa maladie affecte d'autres organes. Cela vaut pour toutes les maladies évolutives non traitées, comme le cancer.

Lorsque les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ arrivent ici, ils ne savent pas où aller. Ils se retrouvent dans un nouvel environnement, sans soutien ni conseils. Même si des services existent, ils ne savent pas comment les trouver. C'est le premier obstacle. Ensuite, il y a la barrière de la communication. Comment demander l'aide dont ils ont besoin s'ils ne parlent pas la langue ? Même si vous êtes né ici, il est difficile de s'y retrouver dans le système. Pour les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ issus d'un milieu totalement différent, sans expérience du système, c'est donc comme escalader l'Everest. Ils finissent par se rendre aux urgences et restent hospitalisés plus longtemps que quelqu'un qui bénéficie d'une assurance provinciale.

Les soins à domicile pour les patients en soins palliatifs nécessitent une équipe et des ressources : des aides-soignants, des médecins et des infirmières à domicile, du matériel et des médicaments. L'assurance maladie provinciale et les agences fournissent tout cela. Sans cette assurance, les patients °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ sont renvoyés chez eux sans aide. C'est là que nous intervenons pour combler cette lacune. Nous guidons le personnel hospitalier afin qu'il oriente les patients °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ vers les services dont ils ont besoin.

LF : Quels services offrez-vous et vous efforcez-vous d'offrir pour combler cette lacune ?

VO : Notre service vise à mettre en relation les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ atteints d'une maladie limitant leur espérance de vie avec les services de soins palliatifs disponibles dans la communauté, qu'il s'agisse d'un soutien médical, d'aide à domicile ou d'aide sociale. Notre équipe de médecins et d'infirmières coordinatrices coordonne les services et ces aides pour nos patients °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ. Nous guidons également les prestataires de soins de santé impliqués dans les soins tout au long du processus d'inscription auprès de Croix Bleue, l'agence qui gère le programme fédéral provisoire d'assurance maladie, afin qu'ils puissent fournir des soins. Lorsqu'une demande d'orientation nous parvient, notre médecin palliatif et notre infirmière navigatrice procèdent à une évaluation complète des soins à domicile dont le patient a besoin. Nous mettons ensuite en place des soins à domicile et un soutien social pour le patient et nous nous assurons qu'il est en contact avec l'équipe locale de soins palliatifs afin de l'aider à rester chez lui. Nous avons établi de nombreux partenariats avec des agences de soins infirmiers de petite taille, des pharmacies, des ergothérapeutes, des fournisseurs et des organisations communautaires afin que les navigateurs puissent orienter les patients vers ces agences pour qu'ils bénéficient du soutien approprié à domicile.

Malheureusement, le Régime fédéral provisoire d'assurance-maladie n'est pas facile à comprendre. Nous fournissons des lignes directrices à nos prestataires de soins de santé afin de leur faciliter l'inscription au système et de leur permettre de savoir comment fournir des soins en temps opportun. Nous développons également une trousse à l'intention des centres de soins palliatifs afin qu'ils puissent également offrir des services de soutien à la population réfugiée.

Dans notre contexte, la plupart des orientations vers les hospices proviennent d'Ontario Health at Home, qui n'est accessible qu'aux personnes bénéficiant d'une assurance provinciale. Nous essayons de combler cette lacune en aidant les hospices à accueillir des patients °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ et en apportant un soutien à la communauté. L'un des principaux obstacles à l'accès aux soins consiste à s'assurer que les besoins fondamentaux des personnes sont satisfaits. Les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ peuvent bénéficier d'un traitement ou d'un soutien pour leur maladie lorsqu'ils se rendent à l'hôpital, mais une fois qu'ils sont dehors, ils ont également besoin de nourriture et d'un logement. Nous veillons donc à ce que d'autres services de la communauté prennent le relais et fournissent ces services. Nous avons orienté les patients vers des centres communautaires, des banques alimentaires, des logements de transition et d'autres services d'aide dans la communauté qui peuvent combler ces lacunes. L'objectif est de les aider de manière globale, car ils sont touchés par toutes ces barrières systémiques.

De plus, cette population est profondément marquée par le deuil et les traumatismes. Nous formons nos prestataires aux soins tenant compte des traumatismes, car le deuil et la perte font partie intégrante de l'expérience des °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ. Ils peuvent provenir de pays en guerre. Outre la perte de leur famille, ces personnes ont tout laissé derrière elles : leur emploi, leur maison, leurs amis et leur vie. Puis, elles reçoivent un diagnostic de maladie mortelle et n'ont personne à qui parler. Nous essayons de les aider à traverser tout cela.

LF : Quels sont les meilleurs moyens pour les professionnels de santé de soutenir les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ qui recherchent des services de soins palliatifs ?

VO : Je dirais que la première étape consiste à vous informer sur les services disponibles dans votre région. Vous pouvez toujours nous contacter si vous ne savez pas par où commencer. Notre objectif est que des équipes partout au Canada reproduisent notre travail. Si vous êtes intéressés, nous pouvons venir vous former et vous informer à cette fin. Nous pouvons également vous guider dans vos démarches d'inscription auprès de l'agence fédérale d'assurance. Plus il y a de personnes qui défendent la cause des °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ, meilleurs sont les services de soutien qui leur sont offerts.

LF : Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

VO : Ce travail est très personnel. Ma famille et moi sommes arrivés ici en tant que °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ il y a 16 ans, et je sais à quel point il peut être isolant et terrifiant de se retrouver dans un nouvel endroit. Je ne peux même pas imaginer devoir traverser seule le parcours de la maladie et le processus de deuil. Ce travail est vraiment nécessaire. Alors, essayez de vous informer sur les désavantages des autres, développez votre conscience de vous-même, réfléchissez à vos privilèges et essayez d'utiliser votre pouvoir pour soutenir ceux qui en ont besoin et trouver votre passion, car c'est ce qui m'a amenée dans le monde des soins palliatifs. Grâce à cela, j'ai rencontré des personnes incroyables qui m'ont redonné foi en l'humanité. Mon équipe et l'amour et les soins qu'elle apporte à la communauté sont tout simplement inspirants. Je suis vraiment reconnaissante de cette opportunité, et nous sommes là pour les personnes qui veulent faire ce travail.

Les difficultés d'accès aux soins de santé pour les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ continuent de se poser. À compter du 1er mai 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) exigera une quote-part de 30 % pour pour les personnes couvertes par le PFSI. Les services de soins à domicile sont considérés comme supplémentaires, ce qui crée un obstacle supplémentaire pour les °ùé´Ú³Ü²µ¾±Ã©²õ. Aujourd'hui plus que jamais, le soutien des GPS Health Navigators et d'organisations similaires est nécessaire. Pour plus d'informations sur ce travail essentiel, consultez le des GPS Health Navigators.

Back to top