91Ë¿¹ÏÊÓÆµ

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Une étude révèle que les partisans des partis défaits feraient moins confiance à leurs concitoyens

« Notre article avance que la concurrence électorale – mécanisme par lequel les démocraties sont censées canaliser les conflits et produire des résultats légitimes – pourrait nuire à la cohésion sociale »
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 28 July 2026

Selon une nouvelle étude, les partisans des partis défaits manifesteraient davantage de méfiance envers leurs concitoyens après une élection que ceux des partis victorieux. Cet écart serait encore plus marqué chez les électeurs qui éprouvent une forte antipathie à l’égard des partis rivaux.

« La confiance sociale est l’un des fondements d’une société fonctionnelle. Notre article avance que la concurrence électorale – mécanisme par lequel les démocraties sont censées canaliser les conflits et produire des résultats légitimes – pourrait nuire à la cohésion sociale, particulièrement lorsque l’animosité entre les partis s’accentue », explique Mark Williamson, professeur adjoint au Département de science politique de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ et auteur principal de l’étude.

Le professeur ajoute que le Canada fait partie des pays où la polarisation s’est accentuée au cours des dix dernières années. Par conséquent, la méfiance sociale observée après les élections pourrait continuer de croître.

Analyse de données sur les élections canadiennes

Une équipe de recherche de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ, de l’Université de Toronto, de l’Université de Zurich et de l’Université métropolitaine de Toronto a analysé des données recueillies pendant six campagnes électorales fédérales et onze campagnes provinciales au Canada, entre 2004 et 2024. Ces données comprenaient des renseignements sur les intentions de vote de plus de 30 000 personnes ainsi que sur la confiance que leur inspiraient leurs concitoyens.

« Nos résultats laissent entrevoir un mécanisme particulier : les électeurs apprendraient lors des élections la proportion de citoyens qui partagent leurs convictions politiques, et associeraient davantage ces citoyens à des caractéristiques qui inspirent confiance », explique l’auteur principal.

Selon lui, cet effet pourrait être amplifié chez les électrices et électeurs fortement polarisés sur le plan affectif, c’est-à-dire ceux qui éprouvent une forte sympathie à l’égard de leur propre parti et une forte antipathie à l’égard des autres. Ces personnes ont davantage tendance à se méfier des personnes qui ne votent pas comme elles, ajoute-t-il.

La confiance envers ses concitoyens

Cette étude s’appuie sur des travaux antérieurs montrant qu’après une élection, les partisans des partis victorieux et ceux des partis défaits ne montreraient pas la même confiance à l’égard des institutions politiques.

« Nous montrons qu’une dynamique semblable pourrait aussi toucher un pilier encore plus fondamental de la société : la propension à faire confiance à des personnes que l’on n’a jamais rencontrées », affirme Mark Williamson.

L’équipe de recherche avance que l’écart observé entre les partisans des partis gagnants et perdants n’apparaîtrait que dans le cadre d'élections fédérales, et non d'élections infranationales. Le corps électoral interpréterait les résultats d’une élection fédérale comme un reflet de la population canadienne dans son ensemble, alors que les élections provinciales ou locales ne refléteraient qu’un segment plus restreint de la population.

Le prochain projet de Mark Williamson portera sur les répercussions de l’élection d’une personne d’un groupe racial ou ethnique différent de celui de la majorité de l’électorat. Il examinera l’influence de cette victoire sur les attitudes des électeurs envers les membres du groupe racial de la personne élue. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð portera plus précisément sur l’élection du premier ministre Wab Kinew au Manitoba en 2023.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Mark Williamson (Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ), Amber Hye-Yon Lee (Université métropolitaine de Toronto), Daniel Rubenson (Université de Toronto), Iva Srbinovska (Université de Zurich), David Sumantry (Université métropolitaine de Toronto), Jonah Davids (Université métropolitaine de Toronto), Annika Maulucci (Université métropolitaine de Toronto) et Kristina Kisin (Université métropolitaine de Toronto), a été publié dans la revue Electoral Studies.

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