91Ë¿¹ÏÊÓÆµ

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Hausse de la criminalité autour des centres de consommation supervisée : mythe ou réalité?

Une étude remet en question l’idée selon laquelle les mesures de lutte contre la crise des surdoses nuiraient à la sécurité des quartiers
City street in Toronto
Image par Getty Images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 6 January 2026

Une équipe de recherche de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ a constaté que les centres de prévention des surdoses et les centres de consommation supervisée à Toronto n’étaient pas associés à une augmentation à long terme de la criminalité.

Dans les quartiers où ces centres ont été ouverts, les signalements sont restés stables ou ont diminué sur une période de dix ans, rapportent les chercheurs. arrivent au moment même où, un peu partout au Canada, on s’interroge sur l’incidence des services de réduction des méfaits sur la santé et la sécurité publiques.

« L’opposition du public et des décideurs repose souvent sur des craintes liées à la sécurité et au déclin des quartiers. Nous voulions vérifier si les données confirmaient ce lien », explique ¶Ù¾±³¾¾±³Ù°ù²¹Ìý±Ê²¹²Ô²¹²µ¾±´Ç³Ù´Ç²µ±ô´Ç³Ü, professeure agrégée au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie de la réduction des méfaits, niveau 2.

Une analyse comparative de plus de dix années de données sur la criminalité

L’équipe de recherche s’est intéressée à neuf centres de prévention des surdoses et de consommation supervisée. Le premier de ces centres a ouvert ses portes en 2017 et tous ont cessé leurs activités en 2025 en raison de nouvelles orientations et des pressions de la population.

S’appuyant sur les données du service de police de Toronto, les chercheurs ont suivi l’évolution, de 2014 à 2025, de cinq crimes majeurs (voies de fait, vols de voiture, introductions par effraction, vols qualifiés et vols de plus de 5 000 dollars), ainsi que des vols de vélos et des vols de biens dans des véhicules à moteur signalés dans un rayon de 400 mètres autour de chaque centre.

« Ces types de crimes influencent le sentiment de sécurité des citoyens et leur décision de déménager ou non dans un quartier donné », souligne la PreÌý±Ê²¹²Ô²¹²µ¾±´Ç³Ù´Ç²µ±ô´Ç³Ü.

On a constaté une augmentation des introductions par effraction dans certaines zones à la suite de l’ouverture des centres. Au fil du temps, ces signalements ont toutefois diminué, tout comme les signalements de vols qualifiés, de vols de plus de 5 000 dollars, de vols de vélos et de vols de biens dans des véhicules, et ce, pour tous les centres. Dans le cas des voies de fait et des vols de voitures, aucune corrélation systématique ne se dégage des données.

Diminution de la criminalité : explications

Si la stabilité de la criminalité est conforme aux observations faites dans d’autres villes, la diminution des crimes, elle, était plutôt inattendue et demeure essentiellement inexpliquée.

Selon la Pre Panagiotoglou, la police pourrait avoir intensifié ses patrouilles peu après l’ouverture des centres, ce qui expliquerait que certains types de crimes aient brièvement augmenté avant de diminuer. En outre, la Police de Toronto a adopté, en 2019, une visant à améliorer les interactions avec les personnes en situation de crise, initiative qui pourrait aussi avoir joué un rôle dans la baisse constatée.

Il est peu probable que ces résultats s’expliquent par une diminution du nombre de personnes qui font des signalements, fait remarquer la Pre Panagiotoglou : en 2018, la police a adopté une , qui a plutôt entraîné une augmentation du nombre de signalements.

Un appel au réalisme et à la compassion

L’équipe de recherche constate que, même si le Canada depuis près de dix ans, la polarisation des opinions sur la réduction des méfaits demeure un frein à la lutte contre cette crise.

« Nous devons conjuguer réalisme et compassion. La réaction des gens est compréhensible, mais la crise révèle des problèmes systémiques plus profonds, liés notamment au logement, à l’emploi et à l’approvisionnement en drogues toxiques. Pour trouver des solutions, nous devons considérer avec nuance ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », soutient la PreÌý±Ê²¹²Ô²¹²µ¾±´Ç³Ù´Ç²µ±ô´Ç³Ü.

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L’article « Toronto’s Supervised Consumption Centres and Local Crime », par ¶Ù¾±³¾¾±³Ù°ù²¹Ìý±Ê²¹²Ô²¹²µ¾±´Ç³Ù´Ç²µ±ô´Ç³Ü, Jihoon Lim, Geoffrey Ingram et coll., a été publié dans la revue JAMA Network Open.

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