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Une collaboration de recherche internationale chapeautée par l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ met en lumière des traditions musicales sous-représentées

±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 21 July 2026

Une nouvelle subvention de partenariat de 2,5 millions de dollars du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada donne le coup d’envoi à un réseau mondial sur le timbre et l’orchestration

Pilotée par l’École de musique Schulich de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ, une importante collaboration de recherche internationale vise à transformer la création, l’étude et l’expérience de la musique dans différents contextes culturels.

Financé par une subvention de partenariat de 2,5Ìýmillions de dollars du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, le réseau sur le timbre et l’orchestration TONE (pour Timbre and Orchestration Network) réunit une pléiade de chercheurs et chercheuses, d’interprètes, de compositeurs et compositrices, de spécialistes des technologies ainsi que d’étudiantes et étudiants en musique, en psychologie et en informatique provenant des quatre coins du monde. L’initiative vise à élargir la recherche et la formation consacrées au timbre et à l’orchestration – deux composantes fondamentales de la musique, pourtant peu étudiées jusqu’à maintenant – au-delà du cadre traditionnel du répertoire classique occidental.

Tout son a un timbre. Souvent décrit comme la «ÌýcouleurÌý» du son, le timbre est ce qui permet de distinguer un violon d’une voix humaine à la même hauteur de son. L’orchestration, quant à elle, fait naître l’expression musicale par la combinaison des sons.
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La musique dans toute sa diversité

Dans le cadre du projet, on examinera les pratiques issues d’un large éventail de traditions musicales, du hip-hop, du jazz et de la musique électronique aux airs chinois, turcs, arabes, persans, indonésiens et africains. Le projet créera également des passerelles entre la théorie musicale, l’ethnomusicologie, la psychologie, l’acoustique et les technologies.

Bien qu’ils soient au cœur des pratiques musicales partout dans le monde, le timbre et l’orchestration ont été moins étudiés que des paramètres comme la hauteur et le rythme, dont l’étude est facilitée par la notation musicale, comme les partitions.

«ÌýC’est justement cette approche multidisciplinaire, où chacun aborde les problèmes sous des angles très variés, qui permettra aux idées de jaillir et d’évoluer de manière particulièrement fécondeÌý», souligne StephenÌýMcAdams, codirecteur du projet et professeur distingué James-91Ë¿¹ÏÊÓÆµ en perception et en cognition musicales.

Le réseau TONE est également codirigé par le professeur RobertÌýHasegawa, chercheur William-Dawson et professeur agrégé en théorie musicale.
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Au-delà des approches eurocentriques

Le réseau TONE s’inscrit dans le prolongement du projet ACTOR (Analysis, Creation, and Teaching of Orchestration), également financé par une subvention de partenariat du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Dirigé par le professeurÌýMcAdams, ACTOR a réuni, de 2018 à 2025, plus de 70Ìýchercheurs et chercheuses de cinq pays et a donné naissance à des ressources clés, notamment le site en libre accès ainsi que l’Oxford Handbook of Orchestration Studies, corédigé par le professeur Hasegawa et dont la publication vient de paraître.

Si le projet ACTOR portait principalement sur les traditions orchestrales de la musique classique occidentale, le réseau TONE s’inscrit pour sa part dans un mouvement croissant qui invite les scientifiques à élargir les perspectives au-delà des approches eurocentriques et des traditions fondées sur la partition, en s’intéressant aux pratiques d’improvisation, aux traditions orales ainsi qu’aux musiques populaires, expérimentales, et d’ailleurs.

«ÌýUne bonne part de la recherche en musique repose sur l’analyse des partitions, mais que faire lorsqu’il n’y en a pasÌý?Ìý», s’interroge le professeur Hasegawa. «ÌýComment conceptualiser ce que l’on entend? Voilà de nouveaux défis qui exigent de nouvelles méthodes.Ìý»

Le réseau TONE regroupe seize partenaires d’Amérique du Nord et d’Europe, soit douze universités, quatre conservatoires, trois orchestres et un centre musical, en plus de chercheurs, de chercheuses, de musiciens et de musiciennes issus de quinze pays, y compris du Sud planétaire.

Parmi les partenaires de la région de Montréal figurent le Centre des musiciens du monde, l’Orchestre métropolitain, l’Orchestre symphonique de Montréal et l’Université de Montréal.

Ensemble, ils mettront en relation les pratiques et les approches pédagogiques liées au timbre et à l’orchestration en Amérique du Nord, en Europe, en Asie de l’Est et du Sud-Ouest, au Moyen-Orient et en Afrique, constituant ainsi l’un des réseaux les plus ambitieux jamais mis sur pied dans ce domaine.
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À la croisée de la recherche et de la création

Le réseau TONE s’articule autour de deux axes de recherche étroitement liésÌý: l’analyse et la recherche-création.

Dans le volet consacré à l’analyse, les chercheurs et chercheuses étudieront le rôle du timbre et de l’orchestration dans la composition, l’interprétation, la perception à l’écoute et les contextes socioculturels. Les principales questions de recherche portent sur les processus qui guident le choix et la combinaison des sons, ainsi que sur les raisons qui les sous-tendent, et sur la manière dont ces décisions façonnent les réactions émotionnelles et esthétiques d’une culture à l’autre.

Au cœur du projet figure l’élaboration d’un lexique multilingue du timbre et de l’orchestration, qui reflétera la manière dont différentes cultures décrivent et conceptualisent le son.

En outre, l’innovation numérique jouera un rôle clé. L’équipe de TONE bonifiera le site Web mis sur pied pour ACTOR, créera une base de données et mettra au point un logiciel d’orchestration assistée par ordinateur.

Les chercheurs et les chercheuses mettront aussi à profit les avancées en analyse audio et en apprentissage automatique pour repérer des motifs sonores et simuler différents environnements acoustiques.

Le volet de recherche-création rassemble des compositeurs et compositrices, des interprètes, des chefs et cheffes d’orchestre, des spécialistes de la prise de son et de l’acoustique, ainsi que des étudiants, des étudiantes, des chercheurs et des chercheuses qui créeront de nouvelles œuvres musicales, de nouvelles interprétations et de nouveaux enregistrements, et généreront des connaissances transférables, notamment sous forme de livres, d’articles scientifiques en libre accès et de conférences. Parmi les initiatives phares figure le programme Ensembles de Recherche en Orchestration Contemporaine (EROC), qui met en relation des étudiants et étudiantes et des professionnels et professionnelles de traditions musicales non occidentales qui concevront des œuvres collaboratives et exploreront des approches concertées de l’orchestration. Les musiciennes et musiciens seront recrutés parmi les artistes en résidence au Centre des musiciens du monde de Montréal.

Le Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ accueillera des ateliers et des séminaires, tout en mettant à la disposition des participants son expertise technique ainsi que ses laboratoires d’acoustique spécialisés et ses installations de recherche sur l’interprétation musicale.

En définitive, les travaux réalisés par le réseau TONE contribueront à approfondir notre compréhension de la musique comme phénomène humain universel.

«ÌýEn tant que scientifique, j’ai formulé des théories quant à l’organisation des sons en fonction du timbre et de l’orchestration, mais elles reposent sur la musique classique et contemporaine occidentale,Ìý» indique le professeur McAdams. «ÌýEn nous intéressant désormais aux musiques d’autres cultures, nous pourrons déterminer s’il existe des fondements communs à toutes les traditions musicales et quelles sont les particularités propres à chaque culture. Nous repoussons les frontières de la théorieÌý; c’est passionnantÌý!Ìý»

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