91Ë¿¹ÏÊÓÆµ

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Le lithium ouvre une piste prometteuse dans la lutte contre le VIH

Une étude menée sur des cellules humaines révèle que ce médicament peu coûteux permet de garder le virus en dormance, ce qui pourrait conduire à de nouveaux traitements
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 21 January 2026

D’emploi courant dans le traitement du trouble bipolaire et d’autres troubles de l’humeur, le lithium pourrait se révéler prometteur pour l’inhibition du VIH, a constaté une équipe de recherche de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ.

En effet, l’étude publiée dans iScience révèle que le lithium peut empêcher les cellules infectées de se réactiver et que le mécanisme biologique à l’origine de cette action n’est pas celui auquel on s’attendait.

Ce constat ouvre la voie à la mise au point de traitements qui agiraient comme le lithium, mais sans produire ses effets indésirables sur l’organisme.

« La quête d’autres indications pour des médicaments existants occupe une place importante en recherche sur le VIH. Comme il est peu coûteux et déjà approuvé pour d’autres usages, le lithium pourrait nous permettre d’éviter le long processus de mise au point à partir de zéro », explique Andrew Mouland, professeur au Département de médecine de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ, directeur du Laboratoire de détournement de l’ARN du VIH-1 à l’Institut Lady Davis de recherches médicales et auteur en chef de l’étude.

Les personnes séropositives ne doivent pas prendre de lithium tout de suite pour autant, précise-t-il. Ce médicament psychoactif peut avoir des effets secondaires importants et n’a pas encore été testé chez l’humain comme traitement contre le VIH.

Un pas vers une « guérison fonctionnelle »

En 2024, on estimait à 40,8 millions le nombre de personnes porteuses du VIH dans le monde. Même lorsqu’un traitement antirétroviral efficace est administré, le virus peut rester caché dans les cellules immunitaires et se réactiver si le porteur interrompt son traitement quotidien.

Par la « guérison fonctionnelle », on souhaite remédier à ce problème. Plutôt que d’éliminer complètement le VIH, on cherche à le garder en dormance afin qu’il ne puisse pas se réactiver et, peut-être, que les porteurs n’aient plus à prendre des médicaments tous les jours.

« Dans nos expériences, le lithium a inhibé directement la réactivation du VIH dans des cellules humaines cultivées en laboratoire, effet qui n’avait jamais encore été clairement démontré », indique Ana-Luiza Abdalla, auteure principale de l’étude, qui a mené ses travaux à titre de doctorante à l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ. Elle est aujourd’hui chercheuse postdoctorale à l’Institut-hôpital neurologique de Montréal.

De plus, l’équipe de recherche a acquis de nouvelles connaissances sur le mécanisme en jeu.

Des recherches antérieures donnaient à penser que l’action du lithium reposait sur sa capacité à activer l’autophagie, mécanisme de recyclage des cellules. Comme de nombreux médicaments étudiés en recherche sur le traitement de l’infection par le VIH agissent sur ce mécanisme, les scientifiques ont supposé que c’était l’autophagie qui gardait le virus en dormance.

Or, l’équipe de recherche remet en question cette hypothèse en se basant sur les résultats d’un test de fluorescence mis au point par Thomas Murooka, chercheur à l’Université du Manitoba, qui permet de distinguer les virus dormants des virus actifs dans les cellules.

« Ce qui nous a surpris, c’est que l’effet persistait même lorsque nous perturbions l’autophagie, précise Ana-Luiza Abdalla. Ce constat semble indiquer que d’autres voies entrent en jeu, peut-être des voies qui permettent au VIH de se réactiver. »

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Ana-Luiza Abdalla, Gabriel Guajardo-Contreras, Meijuan Niu, Thomas Murooka et Andrew J. Mouland, a été publié dans iScience. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada.

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