91ËżąĎĘÓƵ

Nouvelles

Des méthodes efficaces pour détecter une espèce de poisson d’eau douce envahissante

À l’heure où l’envahisseur eurasien remonte le fleuve Saint-Laurent vers les Grands Lacs, des chercheurs proposent des outils pratiques pour améliorer sa détection et freiner sa propagation
±ĘłÜ˛ú±ôľ±Ă©: 21 January 2026

La tanche continue de se propager dans le fleuve Saint-Laurent. Or, une Ă©tude de l’UniversitĂ© 91ËżąĎĘÓƵ vient Ă©pauler les gestionnaires des pĂŞches pour la dĂ©tection de cette espèce envahissante, Ă©tape essentielle pour l’empĂŞcher d’atteindre de nouveaux plans d’eau. Les rĂ©sultats de l’étude pourront aider ces gestionnaires Ă  dĂ©terminer les lieux oĂą mener des activitĂ©s de retrait et de contrĂ´le, d’une part, et les mĂ©thodes Ă  adopter, d’autre part, de manière Ă  contenir et Ă  gĂ©rer les populations existantes.

Les chercheurs, qui ont comparé l’efficacité d’outils d’échantillonnage courants, ont constaté que les filets maillants et les verveux de forme cylindrique étaient ceux qui permettaient de capturer le plus de tanches, tandis que les filets maillants et la pêche électrique étaient ceux qui offraient la meilleure probabilité de détection dans les habitats peu profonds et végétalisés où vit cette espèce.

La tanche est une espèce eurasienne introduite au Québec au début des années 1990. On observe aujourd’hui des populations denses dans le lac Saint-Pierre, et l’espèce devrait continuer à progresser vers les Grands Lacs en l’absence de mesures coordonnées de détection précoce et de confinement.

La détection de l’espèce dans le « front d’invasion » n’est pas chose simple pour les organismes des deux côtés de la frontière canado-américaine. Comme les gestionnaires ont besoin de méthodes fiables pour localiser la tanche avant d’entreprendre des opérations de retrait ou de suppression à long terme, l’amélioration des techniques de détection représente une étape cruciale pour l’élaboration de stratégies de contrôle ciblées.

Dans le cadre de l’étude, réalisée en collaboration avec Pêches et Océans Canada, l’équipe de recherche a mis à l’essai quatre méthodes de pêche (filets maillants, verveux, sennes et pêche électrique) lors d’échantillonnages diurnes et nocturnes dans deux baies végétalisées.

Comme l’indique Christophe Benjamin, auteur principal, qui a obtenu sa maîtrise en biologie en 2022 et est aujourd’hui biologiste en sciences aquatiques à Pêches et Océans Canada, les résultats offrent aux gestionnaires des options claires, fondées sur des données probantes.

Dans les zones où se trouvent des espèces à risque, comme le chevalier cuivré, l’utilisation de verveux pourrait être préférable, précise-t-il.

« Chaque opération d’échantillonnage a des répercussions sur l’environnement; l’objectif est donc de trouver un juste équilibre, explique-t-il. Même si les verveux sont légèrement moins efficaces, leur utilisation réduit les effets néfastes. »

L’équipe a également analysé un second jeu de données recueillies le long du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu afin de trouver les espèces qui cohabitent généralement avec la tanche. Les chercheurs ont observé des associations positives avec six poissons indigènes, dont le poisson-castor émeraude, le crapet-soleil et l’achigan à grande bouche, et ils estiment que leur localisation pourrait permettre d’orienter les efforts des gestionnaires. En effet, grâce à ces nouvelles données, on pourrait concevoir des programmes d’échantillonnage et de retrait ciblés dans les zones où la tanche est en voie de s’établir.

Ces résultats s’inscrivent dans la continuité de deux autres études récentes menées par le même laboratoire. La première, qui porte sur la réaction de la tanche à différents types de substrats et de températures, révèle que l’espèce peut prospérer dans plus d’habitats que prévu. La seconde, qui porte sur l’efficacité alimentaire de la tanche comparativement à celle de poissons indigènes, donne à penser que la tanche pourrait entrer en concurrence avec les espèces vivant dans les milieux humides productifs. Ensemble, les trois études décrivent une espèce adaptable, mobile et susceptible de continuer à se propager en l’absence d’une amélioration du dépistage précoce et de la gestion active.

Christophe Benjamin espère que ces travaux permettront aux organismes responsables de se préparer à une éventuelle arrivée de la tanche dans les Grands Lacs.

« Notre objectif était d’aider les gestionnaires à choisir les bons outils, précise-t-il. Pour surveiller ou contenir la tanche, il faut recourir à une méthode qui fonctionne. »

ł˘â€™Ă©tłÜ»ĺ±đ

L’article « », par Christophe Benjamin, Anthony Ricciardi et coll., a été publié dans Management of Biological Invasions.

Back to top