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Seuls certains types de pertes d’emplois incitent les gens à voter pour des leaders forts

Selon une étude, l’électorat américain a davantage tendance à se tourner vers des dirigeants autoritaires lorsque des emplois sont délocalisés à l’étranger que lorsque la menace provient de l’automatisation
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 23 April 2026

Selon une équipe de recherche internationale, la population américaine est plus susceptible d’élire des dirigeants autoritaires lorsque les suppressions d’emplois sont dues à la délocalisation que lorsqu’elles sont imputables à l’automatisation, même si l’automatisation entraîne généralement des pertes d’emplois plus importantes.

« Nous voulions comprendre pourquoi certains chocs économiques suscitaient de la colère envers les responsables politiques et des appels à un leadership plus ferme ou plus radical, alors que d’autres n’avaient pas cet effet », explique Leonardo Baccini, professeur au Département de science politique de l’Université 91Ë¿¹ÏÊÓÆµ et auteur principal de l’article publié dans Research and Politics.

L’étude s’appuie sur un sondage mené auprès de 3 500 personnes aux États-Unis.

Les chercheurs ont constaté que les gens s’attendaient à une forme d’intervention politique lorsque les suppressions d’emplois étaient dues à la délocalisation ou à l’automatisation, ce qui n’était pas le cas lorsque ces pertes étaient causées par la faillite.

Quel type de dirigeant pour éviter les mises à pied?

Dans le cadre de l’étude, on a présenté aux participantes et participants de courts scénarios décrivant la mise à pied de 1 000 personnes, attribuable soit à l’automatisation, soit à la délocalisation, soit à la faillite (ce dernier cas servant de groupe témoin).

On leur a ensuite demandé si les responsables politiques devaient intervenir pour empêcher ces licenciements et, dans l’affirmative, quelles qualités de leadership seraient les plus efficaces à cette fin.

Les personnes participantes devaient choisir entre des caractéristiques que les chercheurs associaient soit à des dirigeants populistes, soit à des dirigeants autoritaires.

Par exemple, le fait d’être « de l’extérieur du monde politique » et d’être « à l’écoute du peuple » était associé aux dirigeants populistes. En revanche, des caractéristiques comme la volonté de « recourir à la force », de « s’affranchir des règles » et de mettre en œuvre des politiques clivantes « même si cela dérange une partie de la population » étaient associées aux dirigeants autoritaires.

Les chercheurs ont constaté que seule la délocalisation entraînait une préférence pour les dirigeants au style autoritaire.

Les prochaines étapes de leurs travaux consisteront à examiner si la population européenne ou canadienne réagit de manière semblable, à déterminer dans quelle mesure la délocalisation est perçue comme une menace provenant de la main-d’œuvre étrangère et à étudier plus en détail la réaction de l’électorat aux pertes d’emploi liées à l’émergence de nouvelles technologies d’intelligence artificielle.

L’article « The source of economic shocks matters for their political outcomes », par Leonardo Baccini, Costin Ciobanu et Krzysztof Pelc, a été publié dans Research and Politics.

DOI :

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